Quand, samedi 5 juillet vers 15 heures, ils s'élancent du bout de l'avenue, leurs chants et leur musique sont encore couverts par le brouhaha de la circulation. En progressant au rythme des pas de danse, enlevés pour les Portugais, plus lancinant pour les Normands, les trois groupes folkloriques commencent à drainer quelques spectateurs curieux. Puis, peu à peu, d'autres se joignent à eux, écoutant la musique, devisant de choses et d'autres, comme s'ils se rendaient à une cérémonie. Le soleil aidant, le désir de s'arrêter quelques instants est l'occasion d'une aubade devant la Rose des Sables, le restaurant d'Ahmed, où le spectacle donné contribue à faire grossir les rangs des spectateurs. Un peu plus loin, c'est au tour de l'épicier Fernandez d'être le témoin d'une nouvelle halte. C'est ainsi que, tour à tour, les commerçants de cette avenue longiligne, qui avaient pris plaisir à embellir leur devanture aux couleurs de l'Armada, ont été honorés d'une sérénade, tantôt portugaise, tantôt normande. Place Waldeck-Rousseau, les automobilistes patientant aux feux tricolores en ont presque oublié de redémarrer, absorbés par le spectacle des jeunes femmes virevoltant aux sons des accordéons et des castagnettes, qui se produisaient alors devant le terminus. Sous les arcades du centre commercial, qu'ils ont atteintes près de deux heures après leur départ, les danseurs et musiciens ont reçu les applaudissements nourris des habitants, déambulant pour le plaisir ou en train d'effectuer
leurs achats du samedi. Quand enfin, ils ont touché terre devant l'Excelsior, les baladins d'un jour ont été ravis de constater que, pour les récompenser d'un tel engouement à animer l'avenue de cette manière originale et festive, les commerçants leur avaient préparé des douceurs et des rafraîchissements. Pour terminer ce bel après-midi, ils ont même remis des cadeaux aux enfants qui s'étaient costumés. Une journée festive que les riverains aimeraient voir se rééditer.
Photographie : Les portugais et les normands ont mêlé leurs danses pour la plus grande joie des commerçants.